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D'amour et d'anxiété : le ciment de la relation toxique


À sa naissance, le nourrisson a besoin de l'amour et de l'attention son parent pour le consoler et le rassurer. Ce dernier lui procure des contacts physiques réconfortants déclenchant le relâchement quasi instantané d'une dose massive d'ocytocine qui réduit son taux d'anxiété en quelques minutes. De nombreuses années plus tard, les traces de cette prime enfance perdureront et malgré tous les apprentissages, l'individu continuera de fonctionner selon ce schéma. Des réflexes difficilement maitrisables Le cerveau reptilien, que l'espèce humaine a en commun avec les reptiles, assure sa survie. Il est aussi appelé cerveau réflexe ou archaïque. Sa rapidité d'exécution est sans égale. Après une analyse éclair de la situation, il déclenche des protocoles hormonaux visant à assurer la survie l'espèce. Pas de possibilité de réflexion à ce moment là. L'action immédiate est la seule réponse possible face à la scène. Ainsi, la catatonie, la fuite ou l'agressivité sont les trois options basiques de ses programmations intrinsèques. Le cerveau limbique : siège des émotions Cette partie là du cerveau est bien plus élaborée, elle permet de ressentir et d'exprimer les émotions. Néanmoins l'analyse n'est toujours pas possible à ce stade. C'est ici que les réactions se manifestent : repli sur soi, agacement, culpabilité, impuissance,etc. Les scénarios de la petite enfance se rejouent : les plus joyeux comme les plus douloureux. Le cortex préfrontal Le néocortex ou cortex préfrontal, partie analytique et logique du cerveau, est la plus récente en termes de développement chez l'espèce humaine. Apparue au moment de l'émergence de l'homo sapiens sapiens, elle est moins exercée, largement moins performante et a besoin de conditions optimales pour fonctionner de manière efficace. Par ailleurs, c'est la dernière zone cérébrale à entrer en maturation chez l'enfant. Certaines personnes, une fois arrivées à l'âge adulte n'ont pas terminé ce développement et ce défaut est, sans aucun doute, à l'origine de rapports humains toxiques. Un contexte sociétal complexe L'univers dans lequel l'humain évolue est anxiogène. La mort, la maladie, la temporalité et l'impermanence des équilibres sont des facteurs qui mettent à rude épreuve son système nerveux et à terme, le fragilisent. Il est commun et naturel qu'il cherche à faire usage de tous des moyens possibles pour apaiser son anxiété allant des stratégies de compensation saines aux addictions. La relation est également une solution de secours pour certain•es pour obtenir la dose d'apaisement nécessaire à l'équilibrage de la structure psychologique. Introversion VS extraversion Le développement psycho-émotionnel devrait normalement permettre aux humains de faire face à ces multiples micro-agressions quotidiennes, or, on observe qu'il a une capacité limitée en termes d'absorption et de synthèse. Dans ce cadre, deux grands types de personnalités se dessinent : les introverti•es et les extraverti•es. Les introverti•es vont avoir tendance à prendre sur eux et mettre à mal leur système. Ils feront de potentielles victimes de choix pour la seconde catégorie que sont les extraverti•es, qui seront plutôt enclins à exprimer sans retenue aucune leurs état émotionnels afin d'influencer et forcer l'entourage à se plier à leurs besoins psycho-affectifs. Quitte à faire usage de la tyrannie. Dominant VS dominé Le néocortex permet, en temps normal, d'analyser avec lucidité les situations quotidiennes. Néanmoins, quand deux individus entrent en contact, les parties reptiliennes et limbiques s'activent dans le but de "sonder" l'autre. Dans une scène où l'un des protagonistes en extraversion tentera de prendre la dominance avec force et agressivité, la part reptilienne du cerveau l'introverti•e prendra l'ascendant pour garantir la survie : L'autre sera identifié comme ennemi. Dans ce cas précis, les manifestations physiques serviront d'alarmes puissantes : tachycardie, vertiges, nausées, panique, gorge nouée, allant jusqu'à des nausées voire des diarrhées. Sur le long terme, et même post-rupture de ce type de relation, il n'est pas rare d'observer qu'un syndrome de stress post-traumatique s'installe et perdure. Perte de repères et de confiance Suite à de tels événements et surtout répétitifs, la culpabilité, la sensation d'impuissance, de flou, de drame, une fatigue intense, etc mènent naturellement à des prises de décision afin d'apaiser les tensions internes et externes. Dans le cas où le reptilien et le limbique restent actifs, la mise en action s'avérera totalement aléatoire et potentiellement inefficace en termes de résultats et d'optimisation du contexte pour l'introverti•e. L'idéal serait de remettre toute prise de décision au moment où la partie la plus raisonnable et raisonnée est dominante et a atteint son maximum en termes de capacités. Ceci, en toute logique, en dehors de la relation d'emprise. Un protocole simple et efficace Dans un premier temps, muscler son néocortex en analysant les situations problématiques a posteriori et en les rectifiant en phase de relaxation s'avère être une solution très efficace. Dans un second temps, la pratique de la cohérence cardiaque donne d'excellents résultats pour conserver calme et lucidité. Mettre un maximum de chance de son côté en prévenant la fatigue, les hypoglycémies et en ayant une vie la plus stable possible permetra de conserver un équilibre psychologique dans les interactions. En fleurs de Bach, un mélange (Tremble-Héliathème-Centaurée-Mimule-Étoile de Bethléem) de trois gouttes trois fois par jour soutiendra les efforts fournis. Enfin, s'exercer à ne pas entrer dans les conflits ouverts et évidents en musclant l'affirmation de soi et en se servant de techniques simples comme le recadrage, l'évitement de réponse à des questionnements menant à du dénigrement, enfin, en dernière instance, la fuite avec une fin de relation s'avérera extrêmement salvatrice. Épanouissement et renforcement de l'être Pour couronner le tout, s'attacher à définir son système de valeurs et veiller à ce qu'il soit respecté est la clé de l'instauration durable de l'estime de soi et de la confiance en soi. Et enfin, accepter et intégrer que les relations de rapports de force, sans possibilité aucune de faire respecter son système de valeurs et ses besoins, se soldera forcément par l'échec de la relation et dans le pire des cas, par l'effondrement de l'introverti•e.

Julia Tomasini Praticienne de Psychothérapie Active, thérapeute de couple et sexothérapeute

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